Portraits florentins II : le luth de l’apostrophe

Attribué à Francesco Salviati, le luthiste du musée Jacquemart, est moins le portrait d’un musicien que celui d’un jeune homme déclarant sa flamme. L’apparition du portrait au luth correspond, à Florence, à la vogue du premier madrigal (1520-1540). Verdelot ou Arcadelt ont privilégié les textes à « Madonna » qui font de la performance lyrique une réplique de la situation d’élocution : le chanteur au luth se confond avec l’amant locuteur. La fonction rhétorique de l’instrument, qui était de signifier l’adresse à la destinataire, double l’intention d’un tableau de fiançailles. Une ballata de Lorenzo Strozzi, « Sono io, madonna… », transcription courtoise et individualisé de l’apostrophe des mascarades « Noi siamo… », illustre parfaitement cette sexualisation dans la présentation de soi. 

PLAN DE L'ARTICLE

  • 1/Attribution du portrait du musée Jacquemart André : Salviati ?
  • 2/ Le portrait du musicien et de l’amoureux.
  • 3/ Le Madrigal à Madonna : Verdelot, Arcadelt
  • 4/ Les Strozzi et le madrigal
  • 5/ Les madrigaux en tablatures
  • 6/ Courtoisie et équivoque : la masculinité florentine
  • 7/ Fonction rhétorique du luth : une offrande visuelle et sonore